Les Caisses Libre-Service

5 h 50 … Le réveil-matin de mon téléphone cellulaire sonne. Un petit air joyeux et répétitif qui me réveille cinq jours par semaine pour me rendre au travail. Comme bien d’autres personnes, je prends alors quelques minutes pour consulter les messages sur ma page FOOD La Bouffe et mes messages personnels. J’en profite aussi pour regarder ce que mes amis ont cuisiné la veille … Mon fil d’actualité est rempli de bouffe! Surpris?

Sitôt connecté, je commence alors à recevoir des messages :

« Hey salut Pat! Comment tu vas? Travailles-tu à Fleurimont aujourd’hui? »
« Salut mon beau petit parcomètre 3/16! »
« Salut Patrick! Tu m’enverras tes photos pour ma publication! »
« Je pensais à ça pour ta recette de … »
« Bonjour Monsieur FOOD La Bouffe! Je suis un prince algérien … »*

*Ben non, je niaise pour la dernière! C’est par courriel ça!

En gros, j’n’ai même pas encore été à la salle de bain ET mon café n’est même pas encore en train de couler que je suis déjà submergé d’interactions sociales … mais virtuelles … Une chance que ce ne sont pas des interactions réelles parce qu’avant mon café, bien que je sois souriant et généralement de bonne humeur, je mets un moment à démarrer. Comme un vieux Ford! Ce qui peut amener des propos incohérents, des grommellements et une difficulté à « computer » les informations transmises. Mais sitôt ma première gorgée de café avalée, Boom! Tout revient à la normale!

Attention! Ne vous méprenez pas! J’adore recevoir des messages de mes amis et abonnés et j’adore vous lire, mais ce que j’aime par-dessus tout, ce sont les interactions réelles. Par ordre de préférence, je dirais que j’aime rencontrer des gens, leur parler au téléphone et, ensuite seulement, leur parler par messagerie instantanée ou courriel!

Rien de mieux que les interactions sociales et humaines!

C’est pour cette même raison que j’adore prendre ma voiture et visiter les producteurs de la région. Serrer la main du producteur, visiter ses champs, ses ateliers, prendre le temps de parler avec lui, découvrir sa passion pour ses produits, entrer dans sa vie, son quotidien, l’espace de quelques heures!

Notre quotidien est maintenant rempli d’interactions virtuelles et, on ne s’en rend pas toujours compte, mais plus le temps passe, plus on remplace de précieuses interactions sociales par des interactions virtuelles.

On passe à la banque? Pas un commis, mais un guichet automatique. On appelle le service à la clientèle de notre fournisseur d’accès mobile? Accueil téléphonique robotisé. On fait une recherche? On jase avec Google, Cortana ou Alexa …

Le virtuel c’est bien comme outil. Ça ne doit pas devenir indispensable!

Et comme si ce n’était pas assez, on va à l’épicerie et on a maintenant l’option de nous même faire la caisse et emballer nos achats!

J’ai tenté l’expérience et j’ai été amèrement déçu! Je ne dis pas que tous les caissiers (caissières) de ce monde sont agréables à parler (plusieurs sont malheureusement blasés au point qu’ils doivent se dire au quotidien « F*ck ma vie! »), mais, au moins, je ne me retrouve pas avec une caisse qui m’obstine que je n’ai pas mis l’article dans le sac après l’avoir scanné!

En effet, tu arrives à la caisse, tu déposes ton panier à côté sur une tablette et tu scannes, un a un, les articles que tu dois déposer au fur et à mesure dans le sac. Si tu oublies, la machine te rappelle aimablement (avec autant de chaleur qu’une sloche qu’on échappe sur ses cuisses par erreur) que tu n’as pas mis l’article dans le sac.

La plupart du temps, même si tu suis rigoureusement toutes les étapes, la caisse va faire un message d’erreur et demandera l’interaction (humaine cette fois) d’un commis 8 fois plus blasé que les autres parce que lui doit gérer les codes d’erreurs de 8 caisses au lieu d’une seule!

Je comprends la décision des chaînes de magasins de vouloir mettre en place ce type de système par mesure d’économie, mais je ne crois pas que ce soit la voie à suivre pour faire du profit! À mon avis, le succès d’une entreprise repose sur la capacité de ses employés à offrir un service à la clientèle hors pair et, ça, aucune machine ne pourra jamais l’offrir!

Je ne souhaite pas lancer une révolution ici, mais je vous invite au mouvement citoyen. Évitez d’utiliser les caisses libre-service dans les magasins grandes surfaces! Ainsi, vous ne ferez pas perdre d’emplois et vous favoriserez les interactions humaines, qui deviennent de plus en plus rares dans notre société!

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